Le cycle solaire est au pic. Les prévisions donnent quelques heures d'avance. Et j'ai écrit une nouvelle là-dessus.
En janvier dernier, des aurores boréales ont illuminé le ciel français de la Bretagne à la Franche-Comté. Rouges, vertes, dansantes : un spectacle qui appartient d’ordinaire aux pays nordiques. Phénomène de plus en plus fréquent ? Pas vraiment, répond Philippe Rousselot, directeur de l’Observatoire de Besançon : “Nous sommes globalement en période maximum d’activité solaire.” Un cycle de onze ans. Déclin attendu vers 2030.
La science est belle quand elle est rassurante.
Elle l’est moins quand elle rappelle ce qu’un vrai orage géomagnétique peut faire. En 1859, Richard Carrington observe un flash à la surface du soleil. Dix-sept heures plus tard, des aurores boréales sont visibles jusqu’au Panama. Les cabanes abritant des appareils télégraphiques prennent feu. Des télégraphistes reçoivent des décharges électriques. Et en 1859, il n’y avait ni réseau électrique, ni GPS, ni satellites, ni internet.
Aujourd’hui, les prévisions de tempêtes solaires sont basées sur l’observation en temps réel du vent solaire. Le préavis : “quelques heures avant.”
Quelques heures avant.
Pour une catastrophe dont la récupération, selon les scénarios les plus sérieux d’ingénierie des réseaux, prendrait des années !
J’ai écrit Tempête solaire — la deuxième nouvelle d’Effondrements 5 — en partant de cette question simple : qu’est-ce qu’on fait, après ? Pas pendant. Après. Sept ans après. Quand l’aurore boréale qui terrifiait les survivants commence, lentement, à redevenir ce qu’elle a toujours été : un cycle naturel, aussi vieux que le soleil.
→ Mercredi : entrez dans Haven, sept ans après l’Impulsion et rencontrez Noah Chen, dix-neuf ans, qui n’a connu que ce monde-là.
Penser l’effondrement pour traverser le présent. —Éditions effondrements.site