Dans À distance (Effondrements 2) et Fragmentés (Effondrements 4), l'après ne ressemble pas à ce qu'on imagine.
La fiction de catastrophe a ses rituels : le héros solitaire, les ressources rares, la violence comme langage universel. J’ai voulu écrire autre chose.
Thomas (À distance, Effondrements 2) a survécu cinq ans seul dans son appartement scellé. Infirmier pendant la Grande Fièvre, il a regardé mourir deux milliards de personnes dont ses collègues, ses amis. Il a conservé ses masques, ses rituels, sa distance comme une armure intérieure. Il est vivant. Mais il n’est plus vraiment là.
Quand il rencontre Estelle, le geste le plus violent de la nouvelle n’est pas une confrontation. C’est un repas.
Retirer son masque en présence d’une autre personne — exposer son visage, respirer le même air — est devenu, dans ce monde, un acte de confiance extraordinaire. Une vulnérabilité délibérément acceptée. Thomas et Estelle mangent face à face, sans leurs barrières. La lumière du réchaud éclaire leurs visages. Rien ne se dit de grand. Mais quelque chose de fondamental se renoue.
“Je survivais, mais je n’étais plus vraiment vivant.”
Alice (Fragmentés, Effondrements 4) parcourt un monde six ans après la Grande Rupture. Elle est cartographe, l’une des rares à voyager entre les “poches de civilisation” qui se sont formées dans le chaos : les Néo-Tech, les Fidèles, les Récolteurs. Chaque groupe avec sa vision, ses méfiances, ses frontières invisibles.
Alice trace des cartes de la fragmentation. Mais à la fin de la nouvelle, elle sort une carte différente. Sur celle-là, elle ne dessine pas des territoires et des routes. Elle dessine des connexions : flux d’échange, zones de coopération, liens possibles entre des communautés qui s’ignoraient.
“Une cartographie non plus de la fragmentation, mais de la recomposition.”
Deux nouvelles, deux états du lendemain. Dans les deux cas, ce qui permet de survivre vraiment — pas juste biologiquement, mais humainement — n’est pas la technique, ni la force, ni les ressources stockées.
C’est le moment où l’on choisit de faire confiance à nouveau.
→ [Vendredi : pourquoi j’écris sur les survivants plutôt que sur les victimes et ce que cette distinction change à la façon de penser l’effondrement.]
Penser l’effondrement pour traverser le présent. — Éditionseffondrements.site
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