Un soir, dans un pub gallois, j'ai compris quelque chose sur l'après

Crickhowell, 2116 habitants. Pas une seule grande chaîne de commerces. Et une leçon que mes personnages de fiction ont mise en pratique.

C’était au Pays de Galles, à Cwmdu, un village où les consonnes s’entassent et les habitants aussi, apparemment… Le pub local affichait complet. Des architectes londoniens nous ont invités à leur table de pique-nique à l’extérieur, c’était la seule place disponible.

J’ai demandé pourquoi on ne voyait pas de grandes enseignes de commerce et supermarchés dans la région comme Asda ou Tesco (que j’ai bien connus au Pays de Galles dans les années 90).

Normal,” m’a-t-on répondu. Les habitants ont refusé.

À Crickhowell, ville voisine de 2116 âmes, la plupart des commerces sont communautaires.

Les habitants ne subissent pas la désertification : ils ont bâti une économie à eux, à leur taille, selon leurs règles. Épiceries coopératives, pub appartenant à la communauté, galerie d’art-salon de thé… La vie bat son plein là où d’autres bourgs ruraux ont rendu les armes.

Ce n’est pas isolé. L’an dernier, j’ai écrit sur ce mouvement silencieux qui traverse l’Europe : Marinaleda en Andalousie, Ungersheim en Alsace, les coopératives de montagne en Italie. Des communautés qui, pendant que les parlements votent des lois de renoncement environnemental, construisent l’après.

[→ L’article complet sur le site :Quand les territoires inventent l’après]

Ce qui me frappe rétrospectivement : mes personnages de fiction font exactement la même chose. Thomas, Estelle, Alice, les héros de mes nouvelles, ne survivent pas grâce à la technologie ou à la force. Ils survivent parce qu’ils finissent par tendre la main.

La fiction avait anticipé ce que le réel confirme : l’instinct de coopération est aussi fondamental chez l’humain que celui de compétition. Peut-être avions-nous simplement oublié cet équilibre.

[Mercredi : entrez dans les ruines — Thomas retire son masque pour la première fois depuis cinq ans, et Alice dessine une carte qui ne ressemble à aucune autre.]

Penser l’effondrement pour traverser le présent. —Éditions effondrements.site

Effondrements — Fictions & Essais sur l'effondrement du monde

Par Didier RAMON

Je suis Didier RAMON, auteur et éditeur. J'écris des nouvelles, des romans et des essais qui explorent un territoire commun : la fragilité de notre civilisation, et ce qu'on choisit d'en faire.

Depuis décembre 2025, je dirige les Éditions effondrements.site, une maison d'édition indépendante spécialisée en collapsologie et en réflexion sur les transitions.

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